Fureur triste

Posté par @Eglantine pro qui était d'humeur Passionnée

 

Déjà plus de deux semaines sans le voir.
Son visage m'est de plus en plus difficile à atteindre.
Heureusement, j'arrive encore à le revoir, par bribes.
Les photos ne m'aident pas tellement, instants fixés en un spectre immobile...
Moi c'est plein de vie, que je veux le voir, en mouvement, en action.
Et quand j'y arrive, le sourire ne s'affadit pas avant plusieurs minutes...

Je revois ses paupières se rabaissant un quart de seconde sur ses deux perles bleues juste avant qu'il n'entame une phrase.
Je revois ses lèvres glissant sur ses dents, n'en laissant dépasser que deux, dans l'esquisse d'un sourire amusé et franc où ses pomettes ne se relèvent que discrètement, mais pourtant réèllement.
Je revois ses mains, deux gigantesques paluches, d'apparence ferme et forte, mais pourtant d'une douceur et d'une chaleur infinies.
De face, son visage prend une forme de coeur : plus large du front aux pomettes puis se resserant en pointe au niveau du menton. Et de profil, j'ai pu remarquer que son menton présente une fossette dont le relief est imperceptible de face. C'est une vraie surprise quand on la découvre !

Quand il vous écoute parler, il acquiesce régulièrement d'un abaissement de paupière et d'une inclination du chef, tout en faisant un geste gracile de l'interieur vers l'exterieur, retournant la main, signifiant "oui, c'est clair, tu as raison" ou "je suis d'accord avec toi" ou encore "j'ai compris ce que tu veux dire".
Et quand il a goûté des M7 pour la première fois, il a hoché la tête en continu quelques instants, les yeux fermés, disant, sans mots "Effectivement, ça vaut le détour".

Quand il marche dans la rue et qu'il a froid, il enfonce ses mains dans ses poches le plus bas possible, comme si tirer sur son manteau allait le réchauffer plus, et il glisse son nez dans son col, ne laissant apparaître que deux pépites bleues sous une mèche sombre.

Quand il veut vous écouter, il s'assied au fond de son siège, quand il veut parler, au contraire, il poste son buste en avant vers vous comme pour faire un pont au dessus de la table.

Quand il est fatigué, il a cinq ans. Et on s'attend à ce qu'il s'endorme dans vos bras comme un petit garçon extenué.
Il les a aussi quand il est assis sur les bancs d'appui des quais d'Odéon et qu'il balance ses pieds dans le vide.
Et quand il est gentleman, il récupère les vingt-cinq de plus que lui confère sa carte d'identité en un instant.

Chaque moment est magique. Chaque détail a sa petite importance.
J'aurais tant aimé qu'il y en ait plus...

Le destin est joueur...
Shooting star...

1 commentaire à cet article.

MC8wMDAvMDg4LzAwMDAw~AkåSha-52506 | 09/02/2008

La vie est ainsi faite, avec entre pleins de moments de bonheur, quelques instants difficiles à passer.

Le meilleur reste a-venir.
:*